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Ismail, aged 11, is given diphtheria anti-toxin by MSF doctors Beatriz and Mariela in a treatment centre in Moynarghona.
Rapport International d’Activités 2017

Voix du terrain

Ismail, aged 11, is given diphtheria anti-toxin by MSF doctors Beatriz and Mariela in a treatment centre in Moynarghona.
© Anna Surinyach
Responding to war in Ukraine
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Poppy Makgbatlou, Afrique du Sud

« Pendant 29 ans, j'ai subi les violences physiques et psychologiques de mon mari. »

« Je suis restée parce que, dans notre culture, nous respectons les vœux de nos parents, et ma mère se serait sentie humiliée si je l'avais quitté. En 2014-2015, j'ai perdu ma mère, ma sœur et mon frère. Mon univers s'est écroulé, je ne pouvais plus faire face à ce qui se passait à la maison mais je n'avais nulle part où aller.

Dans les rues de Boitekong, j'avais rencontré Rosina, une soignante de MSF qui m'avait parlé des services pour les victimes de violences conjugales au centre de soins Kgomotso. J'ai emprunté 20 rands (1,70 USD) et j'ai pris un taxi jusqu'au centre. Là, j'ai été conseillée puis amenée dans un abri pour femmes et enfants vulnérables.

Maintenant, je me sens forte et prête à quitter l'abri. Si une femme battue entend mon histoire, je veux qu'elle sache qu'avant, je cachais mes problèmes mais que si vous ne demandez pas de l'aide, cela peut vous tuer de l'intérieur. Aller à la clinique et en parler à un psychologue m'a sauvé la vie. »

For 29 years Poppy Makgobatlou endured physical and mental abuse at the hands of her husband. She stayed with him because “in our culture, we respect the wishes of our parents, and my mother felt it would humiliate her if I left him”. Makgobatlou’s sister passed away in 2014, and when her mother fell ill a few months later, “things started to get out of control in my life.” 
Her husband began removing items from the house one by one – where he was taking their things she did not know. 
“He would just come and go, and when he was home he would fight me. He broke my shoulder, and the doctors tell me it is still broken.”
In 2015 Makgobatlou lost her brother.
“I remember what hurt the most, besides the beatings, was taking my brother to the hospital on the Saturday, and my husband was nowhere to be found. He came back home on the Monday, but only to ask for my wedding ring. I told him I did not know where it was, and when he left the house he said he was going to kill me when he returned. Around 2pm I received a call from the hospital to say that my brother had passed on - they wanted to know which mortuary they should take his body to,” she recalls. 
After her brother’s funeral Makgobatlou lived with her sister’s two daughters for a time, unable to face her home. She received a summons for divorce from the Sherriff of the court, and learned that her husband was living with another woman. She received a divorce decree on the same day as her nieces kicked her out. Earlier in the week on the streets of Boitekong she had met a healthcare worker from Doctors Without Borders, who had told her about the Kgomotso Care Centre (KCC) at Boitekong Community Health Centre. With nowhere else to turn Makgobatlou borrowed R20, and caught a taxi to the KCC, where she was counseled and then transported to the Grace Help Centre near Mooinooi, which provides shelter for vulnerable women and children. 
“What I liked about the KCC counselors is that they did not dump me. Even now they visit if they are in the area. I can feel that I am strong now, and ready to leave the shelter. I have no money but I do not need much – I want to know what it is like to live on my own in a little mokhukhu [shack], with just one plate and one cup – that will be fine for me,” she says
Asked if she would like her name to be changed to preserve her anonymity, Makgobatlou emphatically says, “No!” 
“If an abused woman hears my story, I want them to know that I, Poppy Makgobatlou, used to hide my problems, but it kills you from inside to do that. You must speak out.”
* Médecins Sans Frontières/Doctors Without Borders (MSF) has been working with the North West Provincial Department of Health since 2015 to capacitate designated facilities on the platinum belt as ‘Kgomotso Care Centres’, providing a complete essential package of medical and clinical forensic services to survivors of sexual violence.
Poppy Makgobatlou
© Siyathuthuka Media

Yassin, de Syrie, arrivé en Allemagne

Yassin est marié et a neuf enfants. Sa famille a fui Alep il y a quatre ans, en quête d’une existence paisible. Elle a transité par la Syrie, le Liban, la Turquie et l’UE.

À Athènes, un médecin de MSF qui soignait la femme de Yassin pour des troubles mentaux lui a dit qu’il avait aussi besoin d’aide. Yassin et sa famille vivent maintenant dans le centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Schweinfurt.

« Aujourd’hui, je sais que la santé mentale est importante mais, à l’époque, j’hésitais. En Syrie, les gens pensent que celui qui va chez un psychologue est fou. Mais j’ai compris que j’avais besoin d’aide.

Parler avec les conseillers d’ici me fait du bien. Cela m’aide de me sentir écouté. J’aimerais apprendre l’allemand et travailler à nouveau comme chauffeur de camion. Mais ce n’est pas facile pour moi. Ces derniers temps, je perds beaucoup la mémoire et je suis confus. »

Yassin (on the left) from Syria during his counselling session with Salah Al-Hamada
Yassin, lors d'une consultation avec Salah Al-Hamada qui travaille pour MSF.
© /MSF

Yury, Bélarus

“Mon médecin m'a dit, ‘C'est ta dernière chance’”

Yury est âgé de 38 ans. Il est le premier patient à avoir terminé son traitement. Il était suivi dans le programme tuberculose que MSF gère au Bélarus en étroite collaboration avec le ministère de la Santé.

Yury a appris qu'il était malade en 2013. "Je me sentais faible, je perdais du poids. Puis j'ai eu de la fièvre. Je me suis rendu à la policlinique, pensant qu'il s'agissait d'un simple rhume". Lorsqu'il a appris la maladie dont il souffrait, Yury avait trop peur d'en prononcer le nom. Il craignait moins pour sa vie et sa santé que la réaction des autres. "Je pensais que c'était la fin de tout, que tout le monde me tournerait le dos."

Lorsque MSF a ouvert son programme de traitement en 2015, Yury luttait depuis deux ans contre la maladie et avait été diagnostiqué avec une TB ultra-résistante. "Mon médecin m'a dit, 'C'est ta dernière chance'. J'allais de plus en plus mal". Yury a immédiatement accepté d'être mis sous traitement avec MSF. "Mon état s'est tout de suite amélioré. Je ne me sentais pas mieux et n'avais pas d'appétit, mais les tests, les radios - tout le monde était surpris ! Dès le mois d'octobre, mes tests étaient négatifs ! J'étais guéri."

"Au bout de deux ans, vous en avez marre. Mais que faire ? Sans ce traitement, je ne serais pas là à discuter avec vous."

The first patient has successfully finished their TB treatment at MSF’s project in the Republic of Belarus in Eastern Europe. 

38 year old Yury had a form of TB that was resistant to both 1st and 2nd line TB drugs. After two years of treatment that wasn’t working, he was left with no other options, until MSF started a new program in the country in 2015. ‘My doctors told me – this is the only chance,’ he says.

‘It was getting worse and worse. I had drug resistance.They told me existing drugs won’t help,’ Yury recalls.

Yury was admitted to MSF’s program  which is part of the endTB partnership, aiming to find shorter, less toxic and more effective treatments for drug-resistant TB. Yury was put on a new regimen that contained Bedaquiline, a drug that he was previously unable to access. 

Bedaquiline and Delamanid are the first two new TB drugs developed in nearly 50 years and offer new hope for patients with drug resistant forms of the disease. 

‘Then it was immediate – in two days they inserted a port (an implanted system for continuous intravenous infusions) and the treatment started. Imipenem, Bedaquiline and several other medicines, that’s it. And I started to improve immediately. I didn’t feel better, I had no appetite. But the tests, the X-rays – everybody was surprised! They said: “That’s something! It’s fantastic! You have such a good dynamic!” Excellent dynamic. And already in October I had clear tests. Everything was clear. Everybody was surprised – nurses, doctors. And of course they were telling me don’t even think of skipping the treatment, you need to continue it,’ he says.

Over a year later, Yury is now cured of the disease.
Yury, le premier patient à avoir terminé son traitement dans le programme tuberculose que MSF gère au Bélarus en étroite collaboration avec le ministère de la Santé. 
© Victoria Gendina/MSF

Femme non identifiée, Libye

« Je ne connais pas son nom et j'ignore si elle est encore en vie », raconte le reporter-photographe Guillaume Binet, qui a obtenu un accès rarissime à plusieurs centres de détention en Libye.

« Elle faisait partie d'un groupe de femmes détenues dans un centre de détention à quelque 60 kilomètres à l'ouest de Tripoli. Ces femmes avaient été interceptées en mer par les garde-côtes libyens alors qu'elles tentaient d'atteindre l'Europe.

Beaucoup étaient gravement brûlées aux jambes. De l'eau de mer était passée par-dessus les bords de leur canot pneumatique et avait réagi au contact du carburant qui stagnait au fond du bateau où les femmes étaient assises.

Je ne sais pas ce qu’est devenue la femme avec le foulard rose. Mais sans les soins médicaux dont elle avait désespérément besoin, je doute qu'elle soit encore en vie. »

A woman with burns detained in Sorman at female-only detention centre around 60km west of Tripoli, Libya. She is assisted by another detainee. They were intercepted at sea by the Libyan coastguards while attempting to flee Libya and reach Europe. The chemical burns on her legs were caused by a mixture of diesel and sea water.
Des détenues du centre de détention pour femmes de Sorman tentent de poser des pansements sur des brûlures d’origine chimique.
© Guillaume Binet/Myop

Arzubay, Ouzbékistan

Arzubay, 24 ans, a terminé un traitement court contre la tuberculose résistante en septembre 2014. Il ne présente plus aucun signe ni symptôme de la maladie mais se souvient du moment où il a appris le diagnostic.

« Je ne voulais pas y croire. Je voulais ignorer les résultats de la radio. Je me disais que j'avais dû faire entrer de l'air dans mes poumons pendant la radio. J'ai donné deux fois un échantillon d'expectorations [fluide des poumons] au laboratoire pour analyse.

Quand les médecins ont confirmé le diagnostic, je ne pouvais plus ignorer. L'équipe médicale m'a expliqué le traitement court simplifié et m'a dit que je répondais aux critères. J'ai commencé en septembre 2013.

J'étais si content qu'on me propose ce traitement car je connaissais des gens qui peinaient avec un traitement de deux ans et les effets secondaires, et d'autres qui n'avaient plus d’option de traitement. De plus, neuf mois, ce n'était pas si long et cela ne m'a pas empêché d'aider ma famille dans les tâches quotidiennes. Je n’ai pas eu à choisir entre aider ma famille et guérir. »

Dr Innocent, République démocratique du Congo

Vous pensez qu'il est difficile de devenir médecin ? Essayez d'imaginer que vous exercez dans une zone de conflit, dans l'une des régions les plus dangereuses et les plus isolées de RDC.

Les parents du Dr Innocent étaient illettrés. Mais ça ne l'a pas empêché d'avoir des rêves. Aujourd'hui, il a seulement 32 ans, il est déjà médecin et il est le premier congolais à gérer une équipe d'urgence de MSF au Sud-Kivu, l'une des provinces les plus instables du Congo.

Video

Comment Dr Innocent est devenu médecin en RDC

MSF/Marta Soszynska

BM,* République démocratique du Congo

BM a deux enfants de deux et quatre ans. Ils ont été blessés par balle et admis aux urgences de l'hôpital général de référence de Masisi.

« Nous habitons un village du territoire de Walikale. Une nuit, j'ai vu des hommes armés dans ma maison – J'ignore comment ils sont entrés. Dès que je les ai vus, j'ai saisi mes deux plus jeunes et ai tenté de m'abriter sous le lit.

Mon fils de huit ans a essayé de faire de même mais les hommes lui ont tiré dessus. La balle l'a atteint en pleine poitrine et il est tombé à côté du lit, mort.

Ils ont tiré en direction du lit où nous nous cachions. Mes fils de deux et quatre ans ont été blessés.

J'ai crié : « Vous me tuez, moi et tous mes enfants ». Et ils ont répondu : « Tout ce que vous avez à faire, c'est mourir! ».

J'ai marché une heure avec mes enfants jusqu'au dispensaire. Là, une ambulance de MSF nous a conduits à l'hôpital général de référence de Masisi, qui a soigné mes enfants. Ils vont un peu mieux maintenant. J'espère qu'ils pourront oublier ce moment tragique. Pour l’instant, ils n'en ont pas parlé. »

*Prénom modifié

Bakhtilie Akhmadullova, Ukraine

Bakhtilie Akhmadullova a 73 ans et vit à Granitne, un village sur la ligne de front à l'est de l'Ukraine. Ses deux fils et leurs familles ont dû abandonner leurs maisons après que des tirs de mortier aient détruit les toits.

Avec l'aide d'organisations de la société civile, ils reconstruisent lentement leurs maisons mais Bakhtilie dort toujours dans ses vêtements, de peur que de nouveaux tirs ne les forcent à se réfugier dans leur cave étroite et sombre.

En 2015, après d’intenses bombardements, la voix de Bakhtilie a commencé à s'érailler, devenant faible et rauque. Elle ne comprend pas pourquoi. Bakhtilie souffre aussi d'hypertension et pour prévenir une aggravation de son état, les médecins et infirmiers d’une des cliniques mobiles de MSF lui fournissent gratuitement des conseils et des médicaments. Ils visitent ce village deux fois par semaine.

The clinic in Granitne located in the grey zone about a kilometer from the contact line. The health facility was partially destroyed due to shelling that occurred in October 2014. MSF runs a mobile clinic at the first floor of the building. Between January and April 2016, MSF mobile teams, composed of a doctor, a nurse and a psychologist, have carried out more than 300 outpatient consultations in Granitne.
The health facility in Granitne, about a kilometre from the contact line. MSF runs a mobile clinic on the first floor of the building, which was partially destroyed by shelling in October 2014.
© Sarah Pierre/MSF

Joël,* Zimbabwe

Joël a reçu un traitement pour sa maladie mentale mais fait encore face à de nombreux défis.

Joël était agent d’entretien dans une entreprise de Harare lorsqu’il est brusquement devenu très violent au travail. Il a été conduit à l’hôpital et admis en psychiatrie.
Lorsqu’il a repris le travail, il a compris que ses collègues savaient qu’il avait été hospitalisé en psychiatrie. Ils ont commencé à le regarder de haut. Joël s’est senti stigmatisé et a fini par démissionner.

« La stigmatisation reste courante dans la communauté, même sur le lieu de travail », dit-il. « Je vois toujours des personnes atteintes de troubles mentaux dans la communauté et cela me peine de savoir qu’elles n’ont pas reçu l’aide et le soutien dont j’ai bénéficié. »

Malgré sa formation de soudeur, il ne trouvait pas d’emploi parce que personne ne voulait embaucher quelqu’un qui avait souffert d’une maladie mentale. Il a fini par en trouver un, grâce aux lettres de recommandation d’un psychiatre.

Joël continue de prendre son traitement et son état est stable maintenant.  

« J’aimerais appeler le gouvernement à aider les personnes atteintes de troubles mentaux pour qu’elles puissent lancer des projets générateurs de revenus », dit-il. « Avec un travail, elles resteront actives et éviteront d’abuser de substances qui peuvent les faire rechuter. »

*Prénom modifié

During his spare time, Joel* coaches mentally ill patients to play soccer so that they have time to relax. He feels that he is able to relate to them because he understands their needs.

Joel* was working as a cleaner at a company in Harare when he suddenly became very violent at work. He was eventually taken to the Harare Central Hospital psychiatric unit where he was admitted and treated. 

When his condition stabilised, Joel went to Tariro halfway home where stable mentally ill people can stay before returning home.

He later went back to work but things had changed. Word had circulated that he had been admitted to the psychiatric ward. His workmates started to look down upon him. He felt stigmatised and frustrated until he resigned from work. 

“Stigma is still rife in the community and even in the workplace. I always see mentally ill people in the community and it really pains me because I realise they did not get the kind of help and assistance that I got.”

He was sent to a vocational training centre where he studied welding. Despite his training, he could not get a job because people did not want to employ someone with a history of mental illness. He later got a job after referrals from a psychiatric doctor. 

Joel says there needs to be increased awareness of mental health conditions to reduce stigma in the community. 

“If you have suffered from mental illness, you are not allowed to be emotional. If you become angry or even if as a manager you caution your subordinates at work, they will continue to say, ‘forgive him because he or she is a psych patient"

Joel had been going to Harare Central Hospital psychiatric unit for his medication, but is now accessing his medication from the nearby Highfields Polyclinic. He is happy that he can now receive his medication from the nearest clinic, thanks to the community mental health program that was initiated by the medical humanitarian organisation, Medecins Sans Frontieres/ Doctors Without Borders (MSF) in collaboration with with the Ministry of Health and Child Care (MoHCC), the City of Harare health department and the University of Zimbabwe College of Health Sciences, Department of Psychiatry. This has eased the burden of transport costs and is less stressful because there are fewer people at the clinic.

"MSF reminds us to go and collect our medication at the clinic when it is time to do so."


*Joel is not his real name, it was changed on his request.
Joel* entraîneur de football pour les personnes atteintes de troubles mentaux.
© Ikram N'gadi