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Vidéos prises de parole publiques : Traque et massacres des réfugiés Rwandais au Zaïre-Congo: 1996-1997

Responding to war in Ukraine
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2 novembre 1996

Le départ des humanitaires est inquiétant pour la sécurité de plus d’un million de réfugiés rwandais et burundais au Zaïre. Interview de Michele Quintaglie, porte-parole du PAM.

Source: Associated Press (Vidéo en anglais, traduite en français)

Michele Quintaglie, PAM : Nous sommes dans l’attente. Comme vous pouvez l’imaginer, la situation est extrêmement précaire en termes de sécurité, et nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions. Nous sommes terrifiés par les conditions auxquelles les réfugiés vont devoir faire face, à l’heure actuelle ils ont très peu de nourriture, il y a évidemment très peu de travailleurs humanitaires présents à leur coté pour les aider, mais je dois dire qu’il y a toujours des humanitaires locaux qui leur distribuent de l’aide. Alors même que nous sommes assis ici, de l’autre côté de la frontière au milieu des tirs il y a des gens qui font leur travail et c’est remarquable.  

4 November 1996

A Kigali (Rwanda), le Haut-Commissaire de l’ONU planifie l’organisation d’un corridor humanitaire sécurisé pour les réfugiés. Depuis Gisenyi, le Dr Jacques de Milliano (MSF) souligne l’urgence de ces mesures et appelle à une intervention militaire internationale.

Source : Associated Press (Vidéo en anglais, traduite en français)

Sergio Vierra de Mello, UNHCR : Tout d'abord, nous sommes encouragés par la nomination de M. Chrétien. Nous disons depuis longtemps qu'il n'y a pas de solution humanitaire à ce problème. Que cette solution doit s’accompagner d’une volonté politique. M. Chrétien sera l'incarnation de cette volonté des Nations unies. Évidemment, cette volonté doit aussi être liée à celles de l'Union européenne et de l’OUA. C'est la première étape. Deuxièmement, car nous ne sommes pas seuls, il y a d'autres agences humanitaires : Le Comité international de la Croix-Rouge, le Programme alimentaire mondial - nous devons travailler ensemble. D’abord, pour regagner l'accès à ces populations et ensuite pour ouvrir ce que nous appelons des corridors de retour humanitaire pour les ramener chez eux. Il y a un consensus sur la nécessité pour ces personnes de rentrer enfin chez elles. 

 

Jacques de Milliano, MSF : Quand nous savons qu’il y a de la dysenterie et du choléra de manière endémique et quand nous savons qu’il y a des combats, alors nous savons, et il n’y a pas besoin de faire une étude scientifique pour ça, nous savons que ces gens vont mourir.
Nous demandons donc la protection des populations, et la restauration immédiate d’un accès pour l’aide humanitaire, tout ceci doit être mis en place immédiatement. Il est trop tard pour une approche diplomatique timorée. Nous n’acceptons pas les mesures de façade prises par l’ONU. La situation évolue d’heure en heure. Raymond Chrétien n’est pas encore arrivé sur place, et c’est une honte. En conséquence, nous demandons qu’une intervention militaire soit organisée dans les plus brefs délais. Des zones de sécurité doivent être créées. Nous devons agir vite.    

4 novembre 1996

MSF appelle à une intervention militaire internationale urgente pour protéger les réfugiés dans l’est du Zaïre.
À Paris, Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères, demande une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU et les pays de la région pour préparer une opération militaire conjointe.

Source: INA / France 3 (Vidéo in French, translated in English)

6 novembre 1996

À Goma, les humanitaires déclarent avoir récupéré jusqu’à 400 corps à la suite des combats.
Jacques de Milliano, MSF, alerte sur la situation de plus de 700 000 personnes piégées depuis quatre jours, sans accès pour les journalistes ni pour les organisations humanitaires.

Source : Associated Press (Vidéo en anglais, traduite en français)

Jacques de Milliano, MSF : Nous savons que plus de 700 000 personnes sont prises au piège. Aucun journaliste et aucune ONG ne les a vus depuis 4 jours parce que nous ne pouvons pas y aller. Les conditions sont mauvaises dans la région, le choléra est endémique, la dysenterie est endémique, il y a peu d’eau, il n’y aura bientôt plus de nourriture, il n’y a pas de soins et un conflit qui fait rage. Tous ces éléments font que nous faisons face à une tragédie et nous devons faire quelque chose. 

9 novembre 1996

Samantha Bolton, de MSF, annonce que 40 tonnes de nourriture sont acheminées vers Goma, mais que l’accès à la ville reste pour l’instant impossible.


Source : Associated Press (Vidéo en anglais, traduite en français)

Samantha Bolton, MSF : Nous avons 40 tonnes de biscuits, de tentes et de matériel médical que nous allons amener à la frontière pour voir si nous pouvons y entrer, commencer par Goma et ensuite aller vers les camps. Le premier objectif est d’arriver à Goma où nous savons qu’il y a une pénurie de nourriture, les gens ont faim et l’hôpital manque cruellement de matériel. De là nous pourrons explorer et trouver où sont passés les réfugiés.   

18 novembre 1996

Les ONG alertent sur les difficultés logistiques pour acheminer aide alimentaire et médicaments aux réfugiés de l’est du Zaïre. Eric Goemaere, directeur général de MSF Belgique, indique qu’il faudrait environ cinq jours en camion pour les atteindre.

Source : Associated Press (Video en anglais, traduite en français)

Eric Goemaere, MSF : Nous avons fait décoller deux avions de Kinshasa vers Kisangani dans l’Est du pays. Ces avions était chargé de matériel, matériel médical, tentes et nourriture achetés par la Croix-Rouge, MSF et l’UNICEF pour les déplacés zaïrois. C’est maintenant que commence le problème parce qu’il faut que nous apportions cette aide aux gens – où sont-ils ? Ils sont en route vers Kisangani, pour Walikale – 500 kilomètres dans la jungle. C’est un cauchemar logistique. Nous avons tout chargé sur des camions et avons pris la route cet après-midi, il faudra sûrement 5 jours pour rejoindre Walikale et ensuite nous essayerons d’aller plus loin dans le Masisi, une autre zone de concentration de population et dans le sud, à l’est de Bukavu, sur la route Bukavu-Shabunda où se trouvent probablement d’autres déplacés zaïrois et peut être des réfugiés burundais. 

19 novembre 1996

Dans un poste de santé de MSF, à la frontière entre le Zaïre et le Rwanda, les équipes tentent de faire face à l’afflux de malades et au manque de moyens. Catherine Delaisse, infirmière de MSF, témoigne du quotidien difficile des réfugiés et des défis auxquels les soignants sont confrontés.

Source: INA/France 2 

24 janvier 1997

Brigitte Doppler, coordinatrice médicale de MSF France, alerte sur la grave crise nutritionnelle qui provoque une forte mortalité, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes.

Source: Associated Press 

10 février 1997

La Haut-Commissaire du HCR, Sadako Ogata, visite le camp de Tingi-Tingi et déclare que la solution pour les réfugiés rwandais et burundais est leur retour dans leur pays, même si le calendrier, les modalités et les conditions restent encore incertains.

Source : Associated Press (Vidéo en anglais, traduite en français)

Sadako Ogata, UNHCR :  Ce sont les zaïrois qui ont le contrôle sur ce conflit. Je n’en ai aucun, j’ai essayé d’empêcher les attaques contre les civils et les camps de réfugiés. 
La solution pour les réfugiés rwandais et burundais est de rentrer chez eux. Les questions de quand, comment et à quelles conditions n’ont en revanche pas encore de réponses claires. 

Film documentaire réalisé par Hubert Sauper, Zsuzsanna Varkonyi, France, Autriche, 1997, 45 minutes.

9 avril 1997

Interview d’Eric Goemaere, directeur général de MSF Belgique.

 

Source: RTBF

9 avril 1997

Eric Goemaere, directeur général de MSF Belgique, affirme que ceux qui ont refusé toute intervention politique sont personnellement responsables de la mort de milliers de personnes.

Source : RTBF

23 avril 1997

En route vers Kinshasa, les rebelles de Laurent-Désiré Kabila, au Zaïre, prennent trois villes et bloquent les convois humanitaires. Kofi Annan, Secrétaire général de l’ONU se dit choqué de l’inhumanité de ceux qui contrôlent l’Est du Zaïre. 

Source : INA/France 2

25 avril 1997

Eric Goemaere, directeur général de MSF Belgique, déclare que les restrictions d’aide et les obstacles à l’accès aux camps de réfugiés, ainsi que les déplacements forcés de ces camps, entraînent de facto l’élimination physique des réfugiés.

Source: RTBF

Extrait du film documentaire “L’Aventure MSF” de Patrick Benquet, Anne Vallaeys, Maha Productions, France, 2006, 104 min.

28 avril 1997

Les rebelles zaïrois donnent 60 jours aux organisations humanitaires pour organiser le rapatriement de 600 000 réfugiés de Kisangani. 
Interview de Bernard Pécoul, directeur général de MSF France.

Source : INA/RFI

5 mai 1997

Jean-Hervé Bradol, directeur de la communication de MSF France, déclare que les forces de l’Alliance utilisent les organismes humanitaires pour attirer les réfugiés hors de la forêt et les intercepter avant qu’ils n’atteignent les postes de secours.

Source : INA/France 2

4 juin 1997

Jean-Hervé Bradol, directeur de la communication de MSF France, évoque la « stratégie d’extermination » menée au Congo par l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila.

Source : INA/France 3

9 octobre 1997

Human Rights Watch/Africa et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme ont publié un rapport intitulé « Ce que Kabila dissimule : Massacres de civils et impunité au Congo ».
Interview de Scott Campbell, consultant de Human Rights Watch

Source: Associated Press (Vidéo en anglais, traduite en français)

Scott Campbell, HRW : Je pense que ce nous avons vu de plus marquant ce sont les corps de réfugiés, de réfugiés rwandais, qui étaient  au milieu de la route, nous sommes tombés dessus, nous avons pu les photographier et discuter avec des villageois qui avaient assisté au massacre, nous avons aussi pu voir plusieurs fosses communes. Ce sont des refugiés civils rwandais qui ont été tués au Congo par les forces du Président Kabila et l’Armée patriotique rwandaise.
A partir de la fin de l’an dernier, vers octobre / novembre, quand les camps de réfugiés ont été attaqués dans l’Est du Congo, et jusqu’en mai,  il y a eu des massacres de grande ampleur, perpétrés par les forces de Kabila et l’Armée patriotique rwandaise. Souvent, les forces impliquées dans ces massacres étaient sous le commandement d’officiers rwandais qui étaient toujours présents dans les zones où les massacres se produisaient.  Notre rapport tente d’expliquer la présence de ces officiers et demande que des enquêtes soient menées.
Je pense que c’est une région qui a en général une importance stratégique militaire très limitée et un certain intérêt économique pour le Congo. Mais rien qui ne soit du ressort des intérêts nationaux des Etats-Unis dans la région à part des raisons morales et quand il s’agit de l’Afrique et pas de l’Europe, l’Afrique passe au second plan.