Skip to main content
Following the withdrawal of World Bank funding, MSF decided to continue its support for the Minova General Referral Hospital in order to prevent a sudden disruption to care, notably by resuming maternity and neonatal services in March 2026.
Suite au retrait du financement de la Banque mondiale, MSF a décidé de poursuivre son soutien à l'hôpital général de référence de Minova afin d'éviter une interruption soudaine des soins, notamment en reprenant les services de maternité et de néonatologie en mars 2026.
© Djenane Madona Baptiste/MSF

Sud-Kivu : malgré Ebola, MSF reste mobilisée pour garantir l’accès aux soins essentiels

Suite au retrait du financement de la Banque mondiale, MSF a décidé de poursuivre son soutien à l'hôpital général de référence de Minova afin d'éviter une interruption soudaine des soins, notamment en reprenant les services de maternité et de néonatologie en mars 2026.
© Djenane Madona Baptiste/MSF

L’épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo (RDC), survient dans un contexte déjà marqué par une accumulation de crises sanitaires et humanitaires. Alors que les autres épidémies continuent de faire des victimes et que le conflit armé limite l’accès aux soins pour des milliers de personnes, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à ne pas détourner l’attention des autres besoins de santé vitaux et réaffirme son engagement à maintenir les soins essentiels, notamment dans la province du Sud-Kivu. 

« Cette épidémie ne se déroule pas dans un vide sanitaire », explique Issa Moussa, chef des programmes de MSF au Sud-Kivu. « Les leçons tirées des précédentes flambées sont claires : concentrer tous les efforts sur une seule urgence peut avoir des conséquences dramatiques. Lorsque les soins de santé de base sont interrompus, davantage de personnes risquent de mourir de maladies évitables que de l’épidémie elle-même. » 

Issa Moussa, chef des programmes de MSF au Sud-Kivu « Maintenir les services de santé de routine est également essentiel pour détecter rapidement d’éventuels cas d’Ebola. Les communautés continuent de se rendre dans les structures de santé auxquelles elles font confiance. Préserver cet accès aux soins est donc indispensable, tant pour répondre aux besoins quotidiens que pour renforcer la surveillance épidémiologique. »
Originally from Bishange (Masisi, North Kivu), Chance Bakulu is awaiting the birth of her baby at Minova Hospital, where she has been receiving care for the past three weeks, as she cannot afford to pay for treatment or transport. 

“The distance between Bishange and Minova is very long and the road is in poor condition, and I cannot afford the transport. So, I decided to come and wait to give birth at the hospital, especially after hearing that care was free with MSF.”
Originally from Bishange (Masisi, North Kivu), Chance Bakulu is awaiting the birth of her baby at Minova Hospital, where she has been receiving care for the past three weeks, as she cannot afford to pay for treatment or transport. “The distance between Bishange and Minova is very long and the road is in poor condition, and I cannot afford the transport. So, I decided to come and wait to give birth at the hospital, especially after hearing that care was free with MSF.”
© Djenane Madona Baptiste/MSF

Au Sud-Kivu, les communautés continuent de faire face au paludisme, au choléra, à la rougeole, à la malnutrition ainsi qu’aux violences sexuelles. Dans le même temps, l’insécurité persistante provoque régulièrement l’arrivée de blessés dans des structures de santé déjà sous pression et complique davantage l’accès aux soins pour les communautés. 

« Les femmes enceintes ont toujours besoin de soins maternels, les enfants de vaccination, et les patients de traitements contre d’autres maladies courantes », poursuit Issa Moussa. « Maintenir les services de santé de routine est également essentiel pour détecter rapidement d’éventuels cas d’Ebola. Les communautés continuent de se rendre dans les structures de santé auxquelles elles font confiance. Préserver cet accès aux soins est donc indispensable, tant pour répondre aux besoins quotidiens que pour renforcer la surveillance épidémiologique. » 

Parallèlement à sa préparation et à sa réponse contre Ebola au Sud-Kivu où deux centres de traitement Ebola ont été mis en place, MSF poursuit ses activités médicales dans plusieurs zones du Sud-Kivu. 

Dans les zones de santé de Minova et de Numbi, les équipes soutiennent les hôpitaux de référence à travers la prise en charge des urgences médicales et chirurgicales, les soins intensifs, les services de maternité et de néonatologie, les soins pédiatriques, y compris le traitement de la malnutrition aiguë, ainsi que les soins aux survivant·e·s de violences sexuelles et les services de santé mentale. 

À Bunyakiri, MSF appuie l’hôpital général de référence, le centre hospitalier de Bitale et quatre centres de santé. Les équipes y assurent des soins d’urgence et chirurgicaux, des soins maternels et obstétricaux, des soins néonatals, la gratuité des soins pour les enfants de moins de 15 ans, la prise en charge de la malnutrition aiguë, l’accompagnement médical et psychosocial des survivant·e·s de violences sexuelles ainsi que des services de santé mentale. 

Dans le territoire de Fizi, MSF a soutenu pendant longtemps l’hôpital de Baraka afin de garantir l’accès à des soins médicaux et chirurgicaux essentiels pour des populations confrontées à des besoins de santé importants.

Actuellement, elles interviennent contre une flambée de rougeole dans la zone de santé de Shabunda, où le taux de létalité atteint un niveau alarmant de 25 %.

À Bukavu, les équipes appuient également la réponse à l’épidémie de choléra à travers l’ouverture d’un centre de traitement permettant une prise en charge rapide des patients en milieu urbain, tout en renforçant les activités de promotion de la santé au sein des communautés.  

Les équipes d’urgence de MSF restent par ailleurs mobilisées au Sud-Kivu et au Maniema comme dans le reste du pays. Elles assurent une surveillance continue des alertes sanitaires et se déploient rapidement pour répondre face aux épidémies et autres urgences. Actuellement, elles interviennent contre une flambée de rougeole dans la zone de santé de Shabunda, où le taux de létalité atteint un niveau alarmant de 25 %. Entre avril et juin 2026, près de 2 320 patients atteints de rougeole ont été pris en charge dans les zones de santé de Shabunda, Bunyakiri, Kalehe et Minova. En parallèle, une campagne de vaccination menée en avril à Kalehe a permis d’immuniser 43 622 enfants contre la maladie, tandis que 6 059 autres ont bénéficié d’une vaccination de rattrapage multi-antigènes. 

« La lutte contre une épidémie et le maintien des soins essentiels doivent aller de pair », conclut Issa Moussa.