Les interventions de MSF dans le cadre de la lutte contre le nouveau coronavirus se sont concentrées sur trois priorités principales :
- Le soutien aux autorités afin de fournir des soins de qualité aux patients atteints par la COVID-19 ;
- La protection des personnes vulnérables et à risque ;
- Le fonctionnement des services médicaux essentiels.
Dans l'ensemble de nos projets, les équipes MSF ont amélioré les mesures de prévention et de contrôle des infections afin de protéger les patients comme le personnel et de limiter la propagation du nouveau coronavirus. Dans un tel contexte, il est crucial d'éviter que les établissements de santé n'amplifient l’épidémie ou ne soient contraints de fermer leurs portes.
En RDC, la pandémie COVID-19 a exercé des pressions supplémentaires sur un système de santé déjà fragile ; les restrictions liées à sa prise en charge ont perturbé l'accès aux marchés et entraîné une augmentation des prix des produits de base. Pour limiter la propagation de l’épidémie, le gouvernement de la RDC a décrété l'état d'urgence le 24 mars, qui comprenait la fermeture des frontières internationales et provinciales, un couvre-feu et la fermeture des entreprises et des écoles. Ces mesures, bien que nécessaires, ont eu un impact direct sur la capacité de réponse des acteurs humanitaires : les restrictions de mouvement et les mesures de distanciation sociale ont réduit la disponibilité du personnel et augmenté le temps nécessaire pour répondre aux besoins.
Epicentre de l’épidémie, la capitale Kinshasa, mégapole de 17 millions d’habitants, a notifié ses premiers patients COVID-19 début mars. La zone de santé de Limete, la plus touchée, a été sélectionnée par MSF pour abriter le premier centre de traitement des patients suspects et confirmés : ouvert fin avril 2020 au sein de l'hôpital Saint-Joseph en appui au Bureau Diocésain des Œuvres Médicales et au Ministère de la Santé, la structure de prise en charge a pu accueillir jusqu’à 40 lits selon les critères d’admission définis pour chaque commune. Après une intervention de cinq mois, qui a permis de prendre en charge 220 patients, dont 102 placés sous oxygène, la gestion du centre de traitement a été remise aux autorités hospitalières en septembre.
La mise en place et la gestion de ce centre n'était qu'une facette de la réponse de MSF à l’épidémie à Kinshasa : notre soutien à la prévention et aux soins s’est poursuivi à travers un appui à quatre structures de santé de la zone de santé de Limete jusqu'à mi-décembre 2020 – 54 structures ont bénéficié d’activités de sensibilisation médicale pour un total de 276 agents informés et de la dotation de kits de lavage des mains. Par ailleurs, 15 communes de Kinshasa ont bénéficié du soutien de MSF de septembre à décembre, qui comprenait le partage des connaissances sur l'épidémie et les mesures de prévention à respecter. Environ 1 600 personnes ont été informées sur la maladie, notamment les personnes vivant avec un handicap, les orphelins et les personnes âgées, et 33 dons ont été faits aux structures spécialisées. En outre, l'hôpital de Kinshasa, soutenu par MSF et dédié aux patients atteints du VIH/Sida, a été équipé de tentes d'isolement pour les cas suspects et confirmés et un système de référence a été mis en place. La même approche a été mise en œuvre dans la province du Kasaï, à Kananga, où MSF soutient l'Hôpital général avec le triage et les dons à l'Hôpital et aux centres de santé en fonction de leurs besoins.
Dans la province du Nord Kivu, nos activités à Goma et Rutshuru ont été adaptées afin d'assurer la continuité des soins pour les victimes d'urgences médicales, de violences sexuelles, de malnutrition, de VIH/Sida et tuberculose. Notifié le 30 mars, le premier cas de COVID-19 dans la province de l’est de la RDC a conduit MSF à organiser des assises communautaires auprès de la population et des autorités locales afin d’améliorer leur connaissance sur la maladie, et de renforcer les messages relatifs à la prévention. Le 29 juin, l’organisation médicale et le Ministère provincial de la Santé du Nord-Kivu ont inauguré un nouveau centre multi-épidémique, construit au sein de l’hôpital provincial du Nord-Kivu, à Goma. Dédié au traitement des patients atteints par la Covid-19, des fièvres hémorragiques virales telles qu’Ebola et à la prise en charge des personnes atteintes par des maladies infectieuses à fort potentiel épidémique (comme la rougeole ou le choléra), ce centre a été doté d’équipements de protection individuelle et de médicaments essentiels pour une valeur de plus de 200 000 USD. Il est désormais sous la responsabilité des autorités sanitaires.
En collaboration avec le Ministère provincial de la Santé, le centre de traitement Ebola de Goma (Muningi) a été transformé en centre de prise en charge des cas Covid-19 avec 20 lits d’hospitalisation et oxygène. MSF y a formé le personnel et a assuré l’approvisionnement en consommables et équipement de protection. Cependant, la fréquentation de cette structure est restée faible (19 patients dont 16 confirmés pris en charge) et la structure a été remise aux autorités sanitaire.
A Mweso et Walikale, MSF a installé des centres d’isolement et de triage pour le traitement des patients de Covid-19 dans deux hôpitaux et une dizaine de structures de santé Aucun patient COVID-19 n’a été pris en charge dans les structures sanitaires et centres de santé que nous soutenons. A Masisi, un circuit pour les patients et leur isolement a été mis en place au centre de santé de référence de Nyabiondo, et une unité d’isolement de 20 lits identifiée à l’hôpital général de référence de Masisi.
Dans la province du Sud-Kivu, MSF a fourni un appui technique pour la prise en charge des patients infectés dans deux structures à Bukavu : le Centre de traitement de Bwindi et l’hôpital général de référence. Des activités de sensibilisation des populations ont été menées dans les zones de santé de Kadutu, Bagira et Ibanda et des formations spécifiques offertes aux agents de santé sur les axes Bukavu-Minova (Numbi, Minova, Kalehe, Katana, Miti-Murhesa, Kinyezire, Kavumu, Kalungu) ; Kalonge-Bunyakiri (Cifunzi, Hombo Sud, Bunyakiri, Bitale, Chigoma) ; Bukavu-Mwenga (Kaniola, Walungu, Mwenga, Kamituga, Kitutu, Nyamibungu, Nzibira, Bideka) et Shabunda-Matili (Shabunda, Matili, Kikamba, Mungembe).
Compte tenu de la fermeture des projets dans le territoire de Fizi, MSF a remis un centre d'isolement COVID-19 à Baraka au Ministère de la Santé. Les équipes ont également donné du matériel à 21 aires de santé tout en surveillant et en se tenant prêtes à soutenir la réponse médicale en cas de détérioration de la situation épidémiologique.
Dans la province de l’Ituri, MSF a mis en place un centre de traitement dans les locaux de l’hôpital général de référence de Bunia, pour la prise en charge des patients modérés et graves. Des formations du personnel et des agents de santé du Ministère ont été organisées afin d’améliorer le triage et le pré-triage ; le dépistage et l'isolement dans les structures où MSF est déjà présente à Bunia, Nizi, Drodro et Angumu.
Enfin, en collaboration avec le Ministère provincial de la Santé, MSF est intervenu à Lubumbashi (province du Haut-Katanga) afin de prendre en charge les patients : 40 cas ont été admis dans le centre de traitement mis en place, parmi lesquels deux sévères. En parallèle, MSF a mené une enquête pour comprendre les rumeurs d’augmentation des décès dans la ville de Lubumbashi et prévoit de la compléter par une enquête de séroprévalence et de mortalité rétrospective.
Selon le Ministère de la Santé, 19 916 cas confirmés ont été notifiés en 2020 ; 14 658 personnes ont guéri de la maladie et 585 sont décédées. Sur ce total, MSF a pris en charge 1 039 patients, suspects et confirmés.
Après avoir surmonté les deux premières vagues de la pandémie, le pays fait actuellement face à la troisième vague de COVID-19. Depuis le début de l’épidémie jusqu'à fin juin 2021, le cumul des cas est de 34 266, dont 34 265 cas confirmés et 1 cas probable; 825 décès ont été enregistrés avec plus de 27 820 personnes guéries.