MSF provides assistance to 18,000 Congolese refugees in Nyakabande holding camp

Réfugiés congolais en Ouganda : MSF apporte son aide dans le camp de Nyakabande

Depuis un mois et demi, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) apportent une aide médicale et humanitaire d’urgence aux plus de 18 000 réfugiés congolais regroupés dans le camp de transit de Nyakabande, en Ouganda, suite aux affrontements entre le groupe rebelle du M23 et l’armée congolaise fin mars, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.

En trois jours, au moins 45 000 personnes ont été contraintes d’abandonner à la hâte leurs maisons et leurs villages. Parmi ceux-là, entre 25 000 et 30 000 personnes ont cherché refuge en Ouganda voisin. Malgré notre intervention, les besoins restent grands pour ces personnes qui attendent de pouvoir retourner dans leur pays.

« Après être restées quelques temps dans la ville frontière de Bunagana, espérant pouvoir retourner rapidement chez eux, une grande partie de ces personnes a dû se contraindre à rejoindre un ancien camp de transit pour personnes réfugiées situé à 17km de la frontière, dans le village de Nyakabande », explique Théo Wanteu, chef de mission pour MSF en Ouganda. Ce camp, d’une capacité initiale de 1 000 personnes a été agrandi par le gouvernement ougandais et le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) afin de pouvoir accueillir 5 000 personnes de plus.
MSF vient en aide à 18 000 réfugiés congolais dans le camp de transit de Nyakabande
Clinique MSF dans le camp de transit de Nyakabande, en Ouganda, où vivent 18 000 réfugiés congolais. 300 consultations sont effectuées chaque jour.
Théo Wanteu/MSF

« Cependant, avec 300 arrivées en moyenne par jour, celui-ci reste très largement sous-dimensionné et ce sont aujourd’hui 18 000 personnes qui s’y entassent, dont 60% d’enfants. Dans ce camp surpeuplé, les besoins ont rapidement attiré l’attention de notre équipe et nous sommes intervenus dès le 4 avril », poursuit-il.

Dès les premiers jours, un centre de santé a été mis en place. Avec environ 300 consultations par jour, nos équipes y proposent notamment des soins de santé primaires en ambulatoire, comme des consultations et des traitements pour les personnes touchées par le paludisme ou les maladies respiratoires qui se répandent sur le camp en raison de la précarité, de l’altitude et de la saison des pluies. Des activités de prise en charge des victimes de violences sexuelles, de soutien en santé mentale, de nutrition et des consultations prénatales viennent compléter l’offre de soins. D’après Medical Teams International (MTI) une autre organisation présente sur place, 15% des enfants de moins de 5 ans sur le camp souffrent de malnutrition, dont 13% modérée et 2.5% sévère. Un centre d’observation de 22 lits a été installé par MSF à côté du centre de santé afin de traiter les cas les plus graves nécessitant une hospitalisation continue.

Face au risque important de développement d’une épidémie de choléra dans le camp, lié aux mauvaises conditions sanitaires, MSF a aidé à l’organisation de la campagne de vaccination de plus de 11 500 personnes dans le camp et la ville voisine de Kisoro. Nos équipes se tiennent prêtes à répondre à toute urgence épidémique.

MSF vient en aide à 18 000 réfugiés congolais dans le camp de transit de Nyakabande
MSF soutient les 18 000 réfugiés congolais du camp de transit de Nyakabande, en Ouganda, avec des soins de santé, la distribution de biens non alimentaires, la construction de tentes et de 210 latrines.
Théo Wanteu/MSF

Enfin, pour améliorer les conditions de vie et diminuer les risques épidémiques, MSF a construit 210 latrines. Cependant, avec une latrine pour 64 personnes, les standards minimaux ne sont pas encore atteints. En parallèle des biens de première nécessité ont été distribués à plus de 5 000 personnes : bidons, nattes, savons, couvertures, seaux, serviettes hygiéniques. Enfin, vingt tentes pouvant accueillir un total de 2 000 personnes ont été installées par nos équipes, qui se tiennent prêtes à en installer 40 de plus si les besoins persistent.

« Alors que notre intervention d’urgence était prévue pour durer deux mois, le temps de permettre à d’autres acteurs de l’aide humanitaire de venir apporter le soutien nécessaire à ces populations réfugiées, les réponses des différentes organisations ne sont pas à la hauteur des besoins de ces personnes et nous avons choisi de poursuivre pour le moment notre appui à ces personnes », conclut Théo Wanteu.

Dans le territoire de Rutshuru, les besoins des personnes qui ont été contraintes de quitter leurs villages sont également nombreux en matière d’accès aux besoins essentiels (soins, nourriture, eau, abris…). Dans les localités de Mungo et Rutsiro qui regroupent 25 000 déplacés internes, nos équipes ont procédé à des donations de médicaments à des centres de santé, mis en place des consultations de soins de santé primaires et commencé à construire des latrines et des douches.