Surgery in Rutshuru, DRC

Nord-Kivu : en 2021, plus de 1000 patients blessés par balles ont été soignés à l'hôpital général de référence de Rutshuru

Fidèle vit à Ntamugenga, un village du territoire de Rutshuru, au nord-ouest de la ville de Goma au Nord-Kivu. Il est vendeur dans un marché local.  Ce jour là, il s’apprêtait vers le soir à rejoindre sa femme et ses douze enfants restés à la maison. Pour ce faire, Il prend une moto-taxi.     

« J’étais assis à l’arrière, avec un autre passager au milieu. Nous traversions le village de Tchumirwa. Un homme armé sort soudain d’un champ des cannes à sucre. Il commence soudainement à nous tirer dessus. Quatre balles me transpercent la cuisse. Je suis au sol. Je hurle de douleur. Le conducteur du taxi-moto et le passager ont réussi à s’enfuir », se souvient-il amèrement, depuis son lit de malade, à l’hôpital général de référence de Rutshuru.

En effet, depuis 2005, de nombreuses personnes blessées par balle et par divers incidents, notamment accidents de la route, ont quitté les zones périphériques de Kibirizi, Bambu et Rwanguba pour venir se faire soigner à Kiwanja dans le territoire de Rutshuru.  

« Nous avons soigné 18 personnes blessées par balles au mois de janvier dernier. Il en reste 10 actuellement. Cela est dû à une accalmie observée après des opérations militaires menées en janvier dernier », rapporte Faustin Mumbere, Infirmier superviseur du service de chirurgie de l’hôpital.

En 2021, le service de chirurgie a pris en charge plus de 5 000 patients dans les structures sanitaires appuyées par MSF dans la zone. Parmi eux, plus de 1000 blessures par balle.

Malnutrition in Rutshuru, DRC
Patients victimes de blessures traités à l'hôpital général de référence de Rutshuru soutenu par MSF.
MSF/Charly Kasereka

À la suite de la situation sécuritaire précaire qui embrase la région, le service de chirurgie enregistre plus des patients que les autres services pris en charge par MSF dans la zone.    

La spirale de la violence affecte également les humanitaires. De janvier à octobre 2021, 72 incidents sécuritaires contre les humanitaires ont été  rapportés dans les zones de santé de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo[i].

En raison de l’insécurité, depuis juillet 2020, MSF a réduit ses mouvements au Nord et au Sud-Kivu avec une gestion à distance de certaines structures appuyées.    

« Les équipes MSF ont des difficultés à se déplacer dans certaines zones que nous soutenons. L’insécurité impacte aussi les patients qui ont des difficultés à rejoindre les centres de santé ou l’hôpital de Rutshuru. Pour faciliter leur arrivée au niveau de Rutshuru, nous avons mis en place des ambulances qui font la navette entre les patients et l’hôpital », explique Abdelkader Tlidjane, Coordinateur du projet de MSF a Rutshuru.

Les conflits armés quasi permanents et tensions communautaires, obligent l’organisation à maintenir ses activités à Rutshuru, dans quatre centres de santé et à l’hôpital général.

Au sein de ce dernier, MSF appuie les unités d’urgences, la nutrition pédiatrique, les soins intensifs, la chirurgie ainsi que les services de laboratoire et de radiologie.

Les conflits armés quasi permanents et les tensions communautaires obligent l'organisation à maintenir ses activités à Rutshuru, dans quatre centres de santé et à l'hôpital général. Dans l'hôpital général, MSF soutient les unités d'urgence, la nutrition pédiatrique, les soins intensifs, la chirurgie, les services de laborato


[i] OCHA RD Congo - NORD KIVU : Incidents sécuritaire affectant directement les humanitaires_ janvier à octobre 2021