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Pour éviter les infections dues à la consommation d'eau sale dans les structures qu'elle a soutenu, Médecins Sans Frontières a mis à disposition de l'eau potable dans six centres de santé et à l'hôpital général de référence de Popokabaka.
Pour éviter les infections dues à la consommation d'eau sale dans les structures qu'elle a soutenu, Médecins Sans Frontières a mis à disposition de l'eau potable dans six centres de santé et à l'hôpital général de référence de Popokabaka.
© MSF/Franck Ngonga

Kwango : À Popokabaka, le choléra se propage alors que l’accès à l’eau potable reste limité

Pour éviter les infections dues à la consommation d'eau sale dans les structures qu'elle a soutenu, Médecins Sans Frontières a mis à disposition de l'eau potable dans six centres de santé et à l'hôpital général de référence de Popokabaka.
© MSF/Franck Ngonga

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une épidémie de maladie à virus Ebola dans l’est du pays, le choléra continue de sévir dans d’autres régions, où l’accès limité à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement favorise la propagation de la maladie.

Depuis juin 2026, une épidémie de choléra touche la zone de Santé de Popokabaka, dans la province du Kwango. Au 22 juillet, 345 cas suspects et 21 décès avaient été rapportés dans 26 des 35 aires de santé de la zone, soit une létalité de 6,1 %. Médecins Sans Frontières (MSF) soutient le ministère de la Santé dans la réponse, notamment à travers la prise en charge des patients, la surveillance épidémiologique ainsi que des activités liées à l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

L’épidémie a été officiellement déclarée le 25 juin, après confirmation de la présence du Vibrio cholerae par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Les trois aires de santé du chef-lieu — Secteur Popo, Cité Popo 1 et Cité Popo 2 — concentraient à elles seules 200 cas, soit 58 % des cas rapportés.

Face à la propagation de la maladie, MSF a déployé une équipe d’urgence pour soutenir les autorités sanitaires dans la riposte. L’équipe appuie notamment la prise en charge médicale à l’Hôpital général de référence (HGR) de Popokabaka, où un centre de traitement du choléra (CTC) a été mis en place pour accueillir les patients présentant des formes sévères de la maladie.

Quatre unités de traitement ont également été installées dans quatre aires de santé afin de rapprocher les soins des communautés, en plus de 31 points de réhydratation orale permettant de soigner plus rapidement les patients présentant des symptômes. Depuis le début de l’intervention, 450 patients ont été pris en charge, dont 175 à l’HGR de Popokabaka.

Le traitement ne suffit pas si les conditions de vie restent les mêmes.

La prise en charge rapide des patients est essentielle pour prévenir l’aggravation de leur état et réduire le risque de décès. Mais les soins, à eux seuls, ne permettent pas de mettre fin à une épidémie de choléra. A Popokabaka, alors que la maladie continue de se propager, le contexte reste marqué par un accès limité à l’eau potable ainsi que par des conditions d’hygiène et d’assainissement insuffisantes. Une partie importante de la population dépend notamment des rivières pour ses besoins quotidiens en eau.

Selon l’évaluation réalisée par MSF, 61 % de la population dispose de moins de 15 litres d’eau potable par personne et par jour. Seuls 38 % disposent de latrines fonctionnelles et la défécation à l’air libre reste largement pratiquée.

Ces conditions augmentent le risque de contamination des sources d’eau et favorisent la transmission du choléra, une maladie qui se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.

« Nous pouvons traiter un patient atteint de choléra, le réhydrater et lui sauver la vie. Mais si, une fois rentré chez lui, il n’a toujours pas accès à une eau sûre ou à des latrines, le risque que la maladie continue à se transmettre reste bien réel » Dr Materne Cirimuanua, responsable médical de l’intervention à Popokabaka.
Centre de Santé de Popokabaka

L’épidémie survient dans un contexte humanitaire fragile, marqué notamment par les violences du conflit intercommunautaire connu sous le nom de « Mobondo » dans l’ouest de la RDC, qui ont contraint de nombreuses personnes à fuir leur domicile. À cela s’ajoutent les déplacements de population, dont l’arrivée de plus de 2 000 Congolais refoulés d’Angola.

À l’approche de la saison des pluies, le risque de contamination des sources d’eau pourrait encore augmenter. Les fortes pluies peuvent notamment favoriser la contamination des points d’eau lorsque les infrastructures d’assainissement sont insuffisantes ou que les sources ne sont pas suffisamment protégées.  

Pour faire face à ce risque et garantir un meilleur accès à l’eau potable, MSF a mis en place 36 points de chloration orale. Mais ces mesures ne suffisent pas à répondre aux besoins de la population. Des efforts supplémentaires et une meilleure coordination entre les différents acteurs sont nécessaires pour apporter des réponses durables aux besoin en eau, hygiène et assainissement.

« La saison des pluies peut rendre la situation encore plus difficile lorsque les sources d’eau ne sont pas suffisamment protégées et que les infrastructures d’assainissement sont limitées. Il faut agir maintenant pour réduire les risques, renforcer l’accès à l’eau potable et rapprocher les services de santé des communautés qui en ont besoin. » Dr. Materne
Un membre de secours participe à l'assainissement des eaux

Une réponse qui doit atteindre les communautés

L’accès aux soins constitue un autre défi majeur. La Zone de Santé de Popokabaka compte 35 aires de santé pour un seul hôpital général de référence. Certaines communautés ne sont accessibles que par pirogue, à moto ou à pied, ce qui peut retarder la prise en charge des personnes malades. L’équipe d’urgence MSF a donc cherché à rapprocher les soins des populations vivant dans les zones les plus touchées, notamment en installant des unités de traitement du choléra. En parallèle, elle participe à la surveillance épidémiologique afin de suivre l’évolution de l’épidémie et d’identifier rapidement les nouveaux foyers.

Au sein de la communauté, des relais communautaires et promoteurs de santé sensibilisent également la population aux mesures de prévention du choléra et à l’importance de l’hygiène.

« Dans une zone où l’accès à l’eau potable reste limité et où certaines communautés sont difficiles à atteindre, contenir l’épidémie nécessitera une réponse coordonnée combinant soins, surveillance, eau potable, assainissement et prévention. » Dr. Materne Cirimuana

Dans le contexte de Popokabaka, MSF appelle les autorités sanitaires et les autres parties engagées dans la réponse à renforcer leurs efforts pour améliorer durablement   l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et ainsi réduire le risque des nouvelles flambées de cholera.