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Une équipe des cliniques mobiles de MSF aide une patiente à prendre place à bord du véhicule pour un transfert d'urgence.
Une équipe des cliniques mobiles de MSF aide une patiente à prendre place à bord du véhicule pour un transfert d'urgence.
© Augustin Mudiayi/MSF

Kinshasa : MSF déploie des cliniques mobiles pour soigner les personnes en situation de handicap

Une équipe des cliniques mobiles de MSF aide une patiente à prendre place à bord du véhicule pour un transfert d'urgence.
© Augustin Mudiayi/MSF
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À Kinshasa, Médecins Sans Frontières a déployé des cliniques mobiles pour rapprocher des soins de qualité les personnes en situation de handicap (qu’il soit physique, sensoriel, mental, psychique ou lié à l’autisme) ainsi que leurs accompagnants. Mais face à l’ampleur des besoins encore non couverts, MSF appelle les autorités et l’ensemble des acteurs à une mobilisation. 

Dans la capitale congolaise, les personnes en situation de handicap affrontent quotidiennement plusieurs difficultés pour accéder à des soins de santé. Entre infrastructures inadaptées, coûts élevés des soins, manque de personnel qualifié et absence d’outils de communication comme la langue des signes, les obstacles à l’accès aux soins demeurent immenses. Le manque d’activités génératrices de revenus les expose parfois à l’automédication ou à l’exclusion des soins. 

ulie Mutombo, bénéficiaire des cliniques mobiles de MSF « Lorsque je me rendais dans une structure de soins, on me facturait toujours comme toutes les personnes valides. Et c’était frustrant. Il faut que je réclame mes droits en tant que personne en situation de handicap pour pouvoir bénéficier d’une petite réduction »
Une infirmière de clinique mobile de MSF effectue un test de diagnostique rapide sur une bénéficiaire dans la zone de santé de Limete, à Kinshasa
Une infirmière de clinique mobile de MSF effectue un test de diagnostique rapide sur une bénéficiaire dans la zone de santé de Limete, à Kinshasa
© Augustin Mudiayi/MSF

« Lorsque je me rendais dans une structure de soins, on me facturait toujours comme toutes les personnes valides. Et c’était frustrant. Il faut que je réclame mes droits en tant que personne en situation de handicap pour pouvoir bénéficier d’une petite réduction », se souvient Julie Mutombo, bénéficiaire des cliniques mobiles de MSF. 

Depuis plusieurs semaines, comme Julie, plusieurs dizaines des personnes en situation de handicap dans la zone Est de Kinshasa bénéficient de soins de santé gratuitement aux activités mobiles déployées par les équipes de MSF. Trois cliniques mobiles sont organisées pour appuyer les zones de santé de Limete 1 et de Kinsenso 2, ciblant ainsi plus de 7 500 personnes. Cette initiative a été prise après plus de deux ans d’activités dans la partie Ouest de Kinshasa, où MSF a soutenu le centre hospitalier pour aveugles de Mont-Ngafula et le centre de santé de Vijana de Lingwala ainsi qu’une dizaine de sites d’hébergement collectif pour les personnes en situation de handicap.  

« Les enquêtes menées dans les deux structures soutenues depuis deux ans révèlent que la plupart des personnes en situation de handicap suivies proviennent de la partie Est de Kinshasa. Privées de revenus, elles ne peuvent pas résider dans les centres urbains. Pour répondre à cette réalité, nous avons déployé des cliniques mobiles dans la zone Est afin d’apporter les soins directement au plus près de ces populations », explique le Dr Valery Kabobo, médecin des cliniques mobiles de MSF. 

Ces activités se tiennent chaque semaine sur le site d’hébergement CAP (Limete 1) ainsi que dans les paroisses Saint-Ambroise (Aire de Santé de la Paix) et Saint-Etienne (Aire de Santé de la Mission) à Kinsenso. Elles offrent des soins médicaux, un accompagnement psycho-social et un suivi communautaire assuré par des promoteurs de santé, qui vont à la rencontre des personnes en situation de handicap. Au premier semestre de 2025, plus de 1214 patients ont déjà été pris en charge, avec une moyenne de plus 60 consultations par semaine. 

Accès difficile, squatter pour soigner 

La partie Est de Kinshasa compte une forte concentration de population. Cela affecte la fluidité des transports en commun et provoque des embouteillages. De plus, l’absence de routes secondaires pour accéder à certaines zones, comme l’aire de santé de la Paix à Kinsenso, ralentit les activités des cliniques mobiles. 

« Parfois, nous affrontons les embouteillages et faisons face au manque de routes pour les contourner. C’est pourquoi nous arrivons en retard par rapport aux heures d’ouvertures des cliniques et trouvons déjà des patients bénéficiaires qui nous attendent impatiemment », poursuit Dr Valery. 

À ces défis s’ajoute l’insuffisance d’infrastructures appropriées pour accueillir les cliniques mobiles. Les équipes de MSF recourent aux installations de confessions religieuses, ce qui restreint l’accès aux soins pour les personnes en situation de handicap qui, pour des raisons de foi, ne peuvent s’y rendre.  

« Ce manque de structures pouvant abriter nos cliniques mobiles constitue un handicap pour nos équipes, déjà confrontées à de nombreux défis. Nous sommes parfois obligés d’occuper certaines installations mises à disposition par les confessions religieuses. Pourtant, certains bénéficiaires ne peuvent plus se rendre dans nos cliniques pour des motifs religieux, alors que les soins offerts sont gratuits, en toute neutralité et impartialité. Nous lançons un appel aux autres acteurs ayant cette activité dans leur mandat d’intervenir pour garantir l’accès aux soins à tous », plaide Dr Coulibaly OUONNA, Coordonnateur du projet de MSF en faveur de personnes en situation de handicap à Kinshasa.  

Au-delà des soins, la détresse socio-économique des populations en situation de handicap  

Sur le terrain, les patients accueillis dans les cliniques mobiles ont des besoins qui vont bien au-delà des soins médicaux. Les équipes de MSF observent que de nombreuses personnes en situation de handicap cherchent des solutions liées à leur mobilité et la réinsertion socio-économiquement socio-économique.  

« Nous sommes vulnérables et forcés à vivre de la mendicité alors que nous pouvons aussi travailler comme les autres. Nous avons besoin de la kinésithérapie et d’un centre de formation professionnelle pour handicapés ici à Kinsenso. Cela nous permettra de nous débrouiller pour ne pas mendier », plaide Fils Matata, Père éducateur aux cliniques mobiles MSF, assis sur sa chaise roulante. 

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Cliniques mobiles de MSF à Kinshasa

À Kinshasa, Médecins Sans Frontières a déployé des cliniques mobiles pour rapprocher des soins de qualité les personnes en situation de handicap (qu’il soit physique, sensoriel, mental, psychique ou lié à l’autisme) ainsi que leurs accompagnants. Mais face à l’ampleur des besoins encore non couverts, MSF appelle les autorités et l’ensemble des acteurs à une mobilisation.
Augustin Mudiayi/MSF

MSF encourage les autorités et leurs partenaires à poursuivre les efforts dans la protection et la promotion des droits des personnes en situation de handicap. La prise en compte des besoins des personnes en situation de handicap dans toutes leurs globalités doit être une priorité.