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Des médecins pratiquent une intervention chirurgicale sur un jeune homme blessé par une balle. L’'escalade de la violence en Ituri a un impact dévastateur sur la population et crée un besoin urgent de fournir des soins médicaux spécialisés aux personnes blessées à cause du conflit. En réponse, MSF a ouvert, en 2023, un projet de chirurgie traumatologique et propose des soins post opératoires au sein de la clinique Salama. Depuis mi-2023, les équipes médico-chirurgicales du projet ont réalisé plus de 4200 interventions chirurgicales.
Des médecins pratiquent une intervention chirurgicale sur un jeune homme blessé par une balle. L’'escalade de la violence en Ituri a un impact dévastateur sur la population et crée un besoin urgent de fournir des soins médicaux spécialisés aux personnes blessées à cause du conflit. En réponse, MSF a ouvert, en 2023, un projet de chirurgie traumatologique et propose des soins post opératoires au sein de la clinique Salama. Depuis mi-2023, les équipes médico-chirurgicales du projet ont réalisé plus de 4200 interventions chirurgicales.
© Sam Bradpiece/MSF

Ituri : Au-delà des blessures physiques, MSF soigne aussi les blessures invisibles

Des médecins pratiquent une intervention chirurgicale sur un jeune homme blessé par une balle. L’'escalade de la violence en Ituri a un impact dévastateur sur la population et crée un besoin urgent de fournir des soins médicaux spécialisés aux personnes blessées à cause du conflit. En réponse, MSF a ouvert, en 2023, un projet de chirurgie traumatologique et propose des soins post opératoires au sein de la clinique Salama. Depuis mi-2023, les équipes médico-chirurgicales du projet ont réalisé plus de 4200 interventions chirurgicales.
© Sam Bradpiece/MSF
Responding to war in Ukraine
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L’Ituri demeure ravagée par des violences armées récurrentes, souvent alimentées par des tensions communautaires. Quatre des cinq territoires de la province (Djugu, Mahagi, Irumu et Mambasa) sont touchés, avec Djugu comme principal épicentre. Même Bunia, la capitale provinciale, n’est plus à l’abri. 

Ces violences entraînent d’importants déplacements de population et laissent de profondes séquelles psychologiques et sociales : traumatismes, blessures, violences sexuelles, stress post-traumatique, anxiété, dépression ou encore psychoses. Dans ce contexte d’instabilité prolongée, la souffrance psychique est une conséquence invisible que désastreuse, révélant l’ampleur du drame humanitaire bien au-delà des seules atteintes physiques. 

Jean, 26 ans, marié et père d’un enfant, a été blessé à la jambe droite lors d’une attaque. Transféré à la clinique Salama de Bunia, il a dû être amputé.

 « J’avais du mal à réaliser ce qui m’était arrivé. C’était comme si ma vie s’était arrêtée. J’étais footballeur et soudain tout s’est effondré. Je pleurais souvent, sans savoir ce que l’avenir me réservait. Le psychologue m’a aidé à accepter ma nouvelle réalité. Depuis, j’ai arrêté l’alcool et les disputes. Aujourd’hui, grâce à ma prothèse, je joue au basket sans douleur et je fais partie du club des personnes en situation de handicap de Bunia. » 

MSF face à la souffrance psychique en Ituri 

En Ituri, malgré les obstacles liés à l’accès aux soins mentaux, MSF fait de la santé mentale un pilier essentiel de sa réponse. Ses équipes médicales aident les patients à retrouver leur équilibre et les communautés à renforcer leur résilience face aux traumatismes. Fondé sur l’écoute et la valorisation des ressources individuelles et collectives, cet accompagnement réunit psychologues, agents psychosociaux, soignants et acteurs communautaires pour repérer la détresse et sensibiliser la population. 

« Chez MSF, l’engagement dépasse le simple acte médical : il s’appuie sur une éthique guidée par le respect, la dignité et l’humanité de chaque personne. L’empathie n’est pas un geste accessoire : c’est le premier soin. » Dr Samir Samaâli, manager des activités santé mentale de MSF en Ituri

De Bunia à Angumu en passant par Drodro et maintenant Adi, les équipes intègrent désormais un accompagnement psychologique aux soins médicaux. À Drodro et Angumu, un dispositif complet, associant superviseur en santé mentale, conseillers, agents psychosociaux et médecins assure une prise en charge globale, incluant le suivi médicamenteux des troubles mentaux sévères, neurologiques ou liés à la consommation de substances.  

« La santé mentale est aussi essentielle que l’eau, la nourriture ou l’abri ; elle est indispensable à la dignité humaine. Sur le terrain, je suis témoin de la puissance de l’écoute dans les contextes humanitaires les plus difficiles. Après un traumatisme de guerre, retrouver du sens à son histoire et réintégrer sa place dans sa communauté relève d’un processus de résilience, né de la rencontre entre un accompagnement psychosocial bienveillant et une volonté profonde de survivre. » souligne Dr Samir Samaâli, manager des activités santé mentale de MSF en Ituri. 

« Chez MSF, l’engagement dépasse le simple acte médical : il s’appuie sur une éthique guidée par le respect, la dignité et l’humanité de chaque personne. L’empathie n’est pas un geste accessoire : c’est le premier soin. » poursuit-il. 

Dans les situations de conflit, de crise ou de catastrophe naturelle, la santé mentale est mise à rude épreuve. En plus des soins médicaux, nos équipes offrent un espace sûr où chacun peut exprimer ses émotions, retrouver sa force intérieure et reconstruire un sentiment de stabilité. Depuis le début de l’année, 1 630 personnes ont été prises en charge psychologiquement et 1 441 consultations ont été réalisées sur nos quatre projets.