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Dr Bienvenue Finanga/ médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Luyindu.

Q1 / Quelles ont été les attitudes de la population quand votre hôpital a débuté avec l’hospitalisation des patients, atteints du VIH/Sida ?
Au début cela n’a pas été facile et cela pour plusieurs d’entre nous. Certains de nos anciens patients fouillaient hôpital, développant une peur de côtoyer les mêmes couloires avec les personnes vivant avec VIH. Nous avons renforcé la sensibilisation suivie d’une conscientisation auprès de ces personnes qui fréquentaient l’hôpital pour d’autres pathologies .  Après ce moment de turbulence,  nous revoyons le plein dans notre salle d’attente, comme c’est le cas  aujourd’hui.

Q2/ Quelle stratégie appliquez-vous  pour annoncer à quelqu’un son résultat positif après dépistage au VIH ?
Souvent, la nouvelle est reçue différemment, selon les attitudes psychologiques de tout un chacun.  Certains sont plus choqués ou en panique que d’autres. Voilà pourquoi, une équipe intégrant aussi des psychologues et médecins est toujours présente pour préparer. Heureusement, le patient arrive toujours à comprendre et adhérer aux conseils.  Mais pour ces genres de situations, il faut toujours avoir les mots justes, bien placés et dire la vérité au patient en lui expliquant la façon de vivre avec cette maladie  qui n’est plus incontrôlable à ce jour. Il est possible de vivre avec le HIV indétectable dans son corps s’il y a un bon suivi de la charge virale et du traitement qui est gratuit en RDC.
Car la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes infectées et celles affectées par ce virus, entraîne un retard pour la prise en charge. Par conséquent, plusieurs personnes et surtout les jeunes, ont peur de se faire dépister, ce qui  rend souvent la prise en charge très compliquée, entraînant la perte d’un patient qui pourrait être sauvé s’il était venu quelques heures avant.
Est-ce que vous vous sentez soutenue dans cette lutte au côté des patients VIH ? 
À ce sujet, je dirais un peu moins par ce que nous avons été formé sur les techniques spéciales de prise en charge médicale d’un patient VIH, grâce aux équipes de MSF.  Même si le centre hospitalier de Luyindu vient d’entamer ce programme avec l’appui de MSF,  le combat doit être holistique et sur une longue durée avec l’implication  aussi d’autres acteurs de la santé, les autorités du pays et la communauté, car il y a encore des embuches sur le chemin pour atteindre les objectifs des nations unies pour 2030. 
Avec ces acquis nous aimerions continuer sur ce volet, mais cela nécessitera d’autres moyens financiers pour apporter ce soutien à la communauté PVVIH qui est marginalisée, stigmatisée et souvent venant des familles vulnérables.
Pour nous le combat reste aussi cette stigmatisation orientée  vers les  patients VIH, car on continu à enregistrer des cas d’abandon des malades par les familles.
Dr Bienvenue Finanga/ médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Luyindu. 
© MSF/Charly Kasereka

Dr Bienvenue Finanga « La stigmatisation est un frein à la lutte contre le VIH »

Dr Bienvenue Finanga/ médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Luyindu. 
© MSF/Charly Kasereka
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Docteur Bienvenue Finanga est médecin aux urgences du centre hospitalier de Luyindu, à Kinshasa. Une structure de soins appuyée par MSF dans la prise en charge des patients vivant avec le VIH. Travailleuse de première ligne, elle témoigne de l’impact néfaste de la stigmatisation sur la lutte contre la maladie.

Dr Bienvenue Finanga/ médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Luyindu.

Q1 / Quelles ont été les attitudes de la population quand votre hôpital a débuté avec l’hospitalisation des patients, atteints du VIH/Sida ?
Au début cela n’a pas été facile et cela pour plusieurs d’entre nous. Certains de nos anciens patients fouillaient hôpital, développant une peur de côtoyer les mêmes couloires avec les personnes vivant avec VIH. Nous avons renforcé la sensibilisation suivie d’une conscientisation auprès de ces personnes qui fréquentaient l’hôpital pour d’autres pathologies .  Après ce moment de turbulence,  nous revoyons le plein dans notre salle d’attente, comme c’est le cas  aujourd’hui.

Q2/ Quelle stratégie appliquez-vous  pour annoncer à quelqu’un son résultat positif après dépistage au VIH ?
Souvent, la nouvelle est reçue différemment, selon les attitudes psychologiques de tout un chacun.  Certains sont plus choqués ou en panique que d’autres. Voilà pourquoi, une équipe intégrant aussi des psychologues et médecins est toujours présente pour préparer. Heureusement, le patient arrive toujours à comprendre et adhérer aux conseils.  Mais pour ces genres de situations, il faut toujours avoir les mots justes, bien placés et dire la vérité au patient en lui expliquant la façon de vivre avec cette maladie  qui n’est plus incontrôlable à ce jour. Il est possible de vivre avec le HIV indétectable dans son corps s’il y a un bon suivi de la charge virale et du traitement qui est gratuit en RDC.
Car la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes infectées et celles affectées par ce virus, entraîne un retard pour la prise en charge. Par conséquent, plusieurs personnes et surtout les jeunes, ont peur de se faire dépister, ce qui  rend souvent la prise en charge très compliquée, entraînant la perte d’un patient qui pourrait être sauvé s’il était venu quelques heures avant.
Est-ce que vous vous sentez soutenue dans cette lutte au côté des patients VIH ? 
À ce sujet, je dirais un peu moins par ce que nous avons été formé sur les techniques spéciales de prise en charge médicale d’un patient VIH, grâce aux équipes de MSF.  Même si le centre hospitalier de Luyindu vient d’entamer ce programme avec l’appui de MSF,  le combat doit être holistique et sur une longue durée avec l’implication  aussi d’autres acteurs de la santé, les autorités du pays et la communauté, car il y a encore des embuches sur le chemin pour atteindre les objectifs des nations unies pour 2030. 
Avec ces acquis nous aimerions continuer sur ce volet, mais cela nécessitera d’autres moyens financiers pour apporter ce soutien à la communauté PVVIH qui est marginalisée, stigmatisée et souvent venant des familles vulnérables.
Pour nous le combat reste aussi cette stigmatisation orientée  vers les  patients VIH, car on continu à enregistrer des cas d’abandon des malades par les familles.
Dr Bienvenue Finanga/ médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Luyindu. 
MSF/Charly Kasereka

Quelle a été la réaction de la population quand vous avez commencé à accueillir des patients vivant avec le VIH ?

Au début, cela n’a pas été facile ! Des patients avaient très peur et ne se présentaient plus à la consultation. Certains n’osaient même pas emprunter les mêmes couloirs. Nous avons donc renforcé la sensibilisation. Après quelques moments de turbulence, nous avons progressivement constaté que la salle d’attente se remplissait, jusqu’à ce qu’elle soit à nouveau pleine comme avant.

Vu la stigmatisation qui entoure le VIH, comment annoncez-vous à un patient qu’il est séropositif ?    

Nous avons une équipe de psychologues et de médecins qui préparent cela ensemble. Chaque patient réagit différemment : certains sont plus choqués ou en panique que d’autres, et nous veillons à toujours avoir les mots justes, bien placés et dire la vérité en expliquant la façon de vivre avec cette maladie.

Au final, notre message passe bien : il est parfaitement possible de vivre avec le VIH, et même de le rendre indétectable en suivant scrupuleusement le traitement. Le patient arrive toujours à comprendre et à adhérer aux conseils que nous prodiguons.

L’accès au traitement est gratuit, mais l’un des problèmes ici, c’est la stigmatisation et la discrimination. La peur d’être stigmatisé entraîne des retards dans le dépistage et dans le traitement. Trop de jeunes, notamment, ont encore peur de se faire dépister. Et cela rend souvent la prise en charge très compliquée. Du coup, des patients qui pourraient être sauvés perdent la vie. C’est tragique.

Sentez-vous soutenue dans cette lutte aux côtés des patients ?

Au niveau médical, nous avons actuellement l’appui de MSF pour nous former aux techniques de prise en charge. Mais pour pérenniser ces acquis ici et ailleurs dans le pays, il est fondamental que d’autres acteurs s’impliquent à long terme, d’autres acteurs de la santé, les autorités du pays et la communauté, car il y a encore des embuches sur le chemin.

Outre ce volet médical, davantage de moyens financiers s’imposent aussi pour lutter contre la stigmatisation et la marginalisation des personnes vivant avec le VIH. On continue trop souvent à voir des patients être abandonnés par les familles. Le combat doit se mener sur ce front également, car la stigmatisation est un frein à la lutte contre le VIH.