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De janvier à septembre, MSF a soigné 359 survivants et 282 professionnels de santé souffrant de complications médicales (essentiellement oculaires et neurologiques) à Conakry, Coyah, Dubreka et Forécariah. Ces professionnels de santé avaient participé à la lutte contre Ebola, sans bénéficier du moindre soutien spécialisé. MSF a aussi soigné 354 personnes touchées indirectement par l’épidémie, notamment des membres de familles de victimes. Ces activités étaient d’ordre médical et psychologique car beaucoup souffraient de problèmes de santé mentale, comme la dépression et des troubles de stress post-traumatique. En outre, plus de 18 000 personnes ont bénéficié de sessions de sensibilisation pour réduire la stigmatisation dont souffrent encore les survivants d’Ebola.
En septembre, les survivants ne présentaient plus de complications médicales et les traitements spécialisés ne s’imposaient plus. Entre-temps, la prise en charge des patients qui avaient besoin d’un soutien psychologique a été transférée au ministère de la Santé et à d’autres organisations, comme Postebogui. La fermeture du projet pour les survivants a marqué la fin de l’implication directe de MSF dans des activités liées à Ebola en Guinée. Toutefois, MSF construit à Guéckédou un centre de traitement des maladies infectieuses à risque épidémique (y compris Ebola), dans le cadre de la préparation aux urgences.
Prise en charge des patients au stade avancé du VIH
Pour les séropositifs en Guinée, l’accès aux antirétroviraux (ARV) est difficile en raison des fréquentes ruptures de stocks. La Guinée enregistre une prévalence du VIH relativement faible (environ 1,7%) mais seul un quart des séropositifs reçoivent des ARV, soit l’un des pires taux de traitement au monde.
Les équipes MSF recensaient un nombre élevé de stades avancés du VIH au centre de soins ambulatoires de Matam à Conakry. Pour combler l’absence de prise en charge hospitalière spécialisée de ces cas en Guinée, MSF a donc ouvert en novembre, en collaboration avec le ministère de la Santé, un centre de 31 lits à l’hôpital Donka qui offre des soins de qualité gratuits aux séropositifs atteints du sarcome de Kaposi et de la méningite cryptococcale en raison de leur faible immunité. Le centre conduit aussi des projets de recherche opérationnelle et organise des formations médicales pratiques pour améliorer la qualité générale des soins. Fin décembre, ce centre avait traité 49 cas avancés de VIH, dont 44% avaient un taux de CD4 inférieur à 100, soit un système immunitaire gravement compromis et vulnérable à des infections opportunistes mortelles.
Activités courantes contre le VIH
Fin 2016, MSF dispensait des soins médicaux à 9 856 séropositifs, y compris le traitement des infections opportunistes, des tests de laboratoire et un soutien psychosocial. Parmi ces patients, 4 968 reçoivent un stock de traitement ARV pour six mois, selon une stratégie de renouvellement appelée R6M, testée pour la première fois pendant l’épidémie d’Ebola afin que les patients stables poursuivent bien leur traitement. MSF a progressivement transféré au ministère de la Santé la distribution de traitement ARV à une vaste cohorte de patients. Fin 2016, MSF fournissait un traitement ARV de première intention à 2 573 patients à Conakry.
Plus de 94% des séropositifs admis en R6M étaient encore sous traitement après 24 mois, contre seulement 61% chez ceux qui reçoivent les médicaments pour un mois. Le programme national de lutte contre le VIH s’est montré intéressé par une introduction généralisée de ce modèle de soins.
MSF offre en outre des formations pratiques et de l’accompagnement au personnel de santé, ainsi que des traitements contre les infections opportunistes et un soutien socio-économique à 9’856 séropositifs de six centres du ministère de la Santé à Conakry.
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1984
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HISTOIRE DE PATIENT
SALEMATOU CAMARA – survivante d'Ebola de 61 ans
« Quand je suis rentrée chez moi à la sortie du centre de traitement d'Ebola, seuls mes fils et mes filles m'ont approchée. Tous les autres avaient peur. La situation s'est maintenant améliorée mais je souffre de cataracte et, comme la chirurgie oculaire est interdite chez des survivants d'Ebola, je ne peux pas être opérée. »