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young boy receiving vaccine.

Grèce

© Pierre-Yves Bernard/MSF
Responding to war in Ukraine
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MSF en Grèce Jusqu'en mars 2016, des milliers de gens fuyant la guerre et les persécutions arrivaient chaque jour sur des îles grecques, avant de poursuivre leur voyage à travers l'Europe.
Greece Map IAR 2016

Mais, la fermeture de la route des Balkans et l’accord signé en mars entre l’UE et la Turquie ont piégé migrants et réfugiés sans accès aux services de base, ni abris adéquats et informations sur leur statut juridique. MSF, qui fournissait de la chirurgie vitale et des soins médicaux aux migrants, a redéfini ses activités pour répondre aux besoins spécifiques des personnes bloquées dans les camps insalubres.

Lesbos

Après la signature de l’accord entre l’UE et la Turquie, le nombre d’arrivées dans les îles grecques a considérablement diminué.  En 2016, MSF a assuré 12 830 consultations en soins de base à Lesbos dans ses cliniques mobiles et les centres d’enregistrement de Moria et Kara Tepe. À Matamados, au Nord de l’île, MSF a géré un centre de transit pour les nouveaux arrivants et organisé des transports en bus vers les centres d’enregistrement. Après mars, le « hotspot » de Moria est devenu un centre fermé pour les personnes en attente d’expulsion. Il offrait peu de garanties de respect des droits de l’homme et MSF a décidé d’arrêter toutes ses activités à Moria, y compris le transport, et de transférer ses services médicaux à d’autres organisations. MSF a continué de dispenser des soins médicaux et psychologiques dans le camp de Kara Tepe et de répondre aux besoins des plus vulnérables.

En septembre, MSF a ouvert une clinique au centre-ville de Mytilène et offre des soins en santé sexuelle et génésique, le traitement des maladies chroniques et un soutien en santé mentale. Une équipe a aussi commencé des activités de terrain à Moria, pour identifier des vulnérabilités spécifiques et des besoins en santé mentale.

Samos

Sur l’île de Samos, MSF a dispensé des soins de base aux nouveaux arrivants au port et dans la prison, à la demande de la police locale. MSF a aussi déployé une équipe de sauvetage mobile terrestre (Medical Land Rescue Team – MLRT) pour donner les premiers soins, distribuer des secours tels que couvertures, vêtements et tentes, et fournir un transport aux personnes qui devaient rejoindre des camps et des structures médicales à l’intérieur des terres. La MLRT a aidé 5 721 personnes avant l’arrêt des activités en mai. Une autre MLRT a travaillé sur l’île d’Agathonisi, au Sud de Samos.

Avant la construction d’un hotspot officiel, MSF a fourni 18 700 repas dans le camp de migrants de Samos et distribué 1 470 tentes et 2 800 couvertures.

À l’intérieur du hotspot de Samos, les conditions se sont rapidement dégradées entre mars et décembre. Initialement conçu pour 280 personnes, la capacité de ce centre fermé a été portée en 2016 à 600 places par les autorités grecques. Mais, en fin d’année, la population avait franchi la barre des 2 000 et les nouveaux arrivants devaient dormir sous des tentes dispersées dans des zones défrichées de la forêt. De mars à décembre, MSF a assuré 170 consultations individuelles en santé mentale et 249 consultations de suivi.

MSF gère aussi un abri pour personnes vulnérables sur Samos, dans un hôtel local. De mai à décembre, l’équipe a fourni un logement et des soins primaires à 180 personnes de 39 familles et référé des patients vers des structures de santé secondaires locales.

Recherche et sauvetage (SAR) en mer Égée

Entre novembre 2015 et mars 2016, MSF a lancé des activités de recherche et sauvetage au large de Lesbos, en collaboration avec Greenpeace. Plus de 18 110 personnes ont été secourues au cours de 361 opérations.  Suite à la baisse du nombre d’arrivées, MSF a cessé ces activités en août.

Piraeus harbor. Since the beginning of March 2016, many countries on the 'Balkany road" have closed their border, putting a stop to thousands of refugees' exile in Greece. More than 5 000 of them turned Athens harbor into a camp.
Un couple de réfugiés au port du Pirée à Athènes, où plus de 5 000 personnes ont installé un camp de fortune.
Guillaume Binet/MYOP

Athènes

MSF a géré trois cliniques pour répondre aux besoins spécifiques des migrants et demandeurs d’asile qui vivent dans des logements formels et informels à Athènes. Le Centre de soins de jour d’Athènes offre des soins en santé sexuelle et génésique, et en santé mentale, et dispose d’une unité de terrain qui rend visite aux migrants là où ceux-ci vivent. Une clinique à Victoria Square dispense des soins de base et un soutien en santé mentale sans rendez-vous. Entre février et décembre, plus de 4 055 consultations médicales ont été offertes. De plus, un psychologue de MSF a traité 152 patients et assuré 574 entretiens individuels. À Kypseli, une équipe de psychologues, médecins, physiothérapeutes, travailleurs sociaux et médiateurs culturels travaille avec les partenaires locaux pour offrir des soins de réhabilitation interdisciplinaire aux victimes de torture et autres formes de mauvais traitement. Après l’entrée en vigueur de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie, le nombre de nouveaux cas est passé de 10 à près de 40 par mois.

MSF a offert des soins de base dans le camp d’Eleonas, au centre de détention de Corinthe et au port du Pirée. L’équipe a mené 6 734 consultations durant l’année et accompagné 623 patients pour des soins médicaux spécialisés. Dans le camp d’Ellinikó, qui a accueilli jusqu’à 4’000 réfugiés en 2016, l’équipe a dispensé des soins en santé sexuelle et génésique et un soutien en santé mentale.

Région de l’Attique

Au plus fort de la crise, les équipes de MSF ont distribué 6 600 repas et 9 660 couvertures, et assuré plus de 1 680 consultations médicales pour les migrants transférés des îles sur la partie continentale du pays. Les équipes ont offert, dans toute la région, une aide en santé mentale aux personnes vivant dans des conditions terribles dans les camps surpeuplés de Ritsona, Malakasa, Lavrio et Aghio Andreas, et aux Thermopyles. Des soins en santé sexuelle et génésique étaient aussi dispensés. De juin à décembre, les équipes ont assuré 573 consultations pour 184 patients.

Nord de la Grèce

Avec les restrictions croissantes de circulation, des milliers de personnes qui tentaient de franchir la frontière entre la Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ont été bloquées dans le camp informel d’Idomeni, dans des conditions sordides, avec un accès très limité à des services. De janvier à juin, MSF a fourni abris, eau et services d’assainissement. MSF a également dispensé des soins médicaux, comprenant soins de base, traitement des maladies chroniques, soins en santé sexuelle et génésique et soutien en santé mentale, soit 27’085 consultations.

Après le démantèlement du camp, des milliers de migrants ont été transférés dans les camps autour de Théssalonique. Les équipes ont dispensé des soins en santé mentale dans cinq de ces camps, et assuré au total 1 177 entretiens individuels et 85 sessions de groupe entre juillet et la fin de l’année.

Plus à l’Ouest, MSF a fourni dès avril des services en santé mentale à Ioannina, et géré, jusqu’en septembre, une clinique mobile offrant des soins de base dans trois camps de la zone. Les équipes ont mené 1 487 consultations en soins de base et 249 patients ont été référés vers le système de santé public pour des soins spécialisés.

MSF a continué d’aider des groupes de volontaires locaux qui ont distribué des secours, tels que des tentes, couvertures et vêtements aux migrants et aux réfugiés.

A man looks through the border fence into Macedonia (FYROM).
Un homme regarde à travers la clôture frontalière à Idomeni en direction de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Des milliers de migrants sont bloqués ici.
Alex Yallop/MSF

Campagnes de vaccination

MSF a conduit une campagne de vaccination au camp d’Idomeni avant sa fermeture. De juillet à septembre, une équipe a aussi aidé le ministère de la Santé à mener une campagne de vaccination contre les 10 maladies infantiles les plus courantes. Cette campagne a touché plus de 7 000 enfants âgés de six semaines à 15 ans dans plus de 15 sites de la partie continentale du territoire grec, à Athènes et dans quelques îles.

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Campagne de vaccination à Idomeni

Histoire de l'équipe

CONOR KENNY – Médecin

Ils fuient mais sont confrontés à une nouvelle difficulté ici, à Idomeni. Ce camp du nord de la Grèce, à la frontière avec l'ex-République yougoslave de Macédoine, s'est formé autour d'une gare internationale de marchandises et d'un abattoir. Les plus de 10 000 réfugiés et migrants qu'il accueille vivent dans un climat de peur constant. Peur de l'inconnu. Peur de recevoir les pires nouvelles de son lieu d'origine : la prochaine bombe en Syrie tuera-t-elle quelqu'un qu'ils aiment ? La peur profonde d'être rapatrié.

La détresse et la frustration sont palpables ici. Pour Hamza, nous avons dû prescrire des relaxants, une réponse extrême, que nous n'utilisons qu'en dernier recours. Mais Hamza s'automutilait et, vu qu'il y avait beaucoup de femmes et de jeunes enfants dans le camp, nous n'avions pas d'autre choix.  Nous l'avons gardé en clinique en observation et avons passé du temps à écouter son histoire avant de l'envoyer à l'un de nos psychologues.

J'espère qu'il ira mieux mais, pour être honnête, j'ignore ce qu'il adviendra de lui. Personne ne peut dire ce qu'il adviendra de lui ou de quiconque bloqué ici, à Idomeni. Les gens semblent piégés dans un no man's land. Comme me l'a dit un patient : « Nous mourons ici, comme si nous étions en Syrie, mais plus lentement ».

Portrait of Conor Kenny from Ireland,  a doctor with Medecins Sans Frontiers (MSF) in Idomeni, Greece
© Bastian Fischer